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Mariage pour tous, société, politique, débat, humour et humeur

Du déni de filiation à la "convention de maternité"...

12 Mars 2016 , Rédigé par M.de Fubi Publié dans #mariage pour tous, #Enfants, #GPA

Du déni de filiation à la "convention de maternité"...

La GPA est l'aboutissement d'une société d'hyper-consommation. Tout s'achète et tout se vend. La famille, et le désir de filiation, d'enracinement, font encore obstacle pour un temps à la commercialisation de l'humain. C'est pourquoi la famille est tant attaquée.

Il est d'ors et déjà concevable, vu du gouvernement français, et malgré les engagements du président Hollande, de commercialiser l'enfant né de GPA. Le mémoire en défense transmis par le gouvernement au Conseil Constitutionnel suite à la saisie de celui par les députés (LR) au sujet de la loi "mariage dit pour tous" est éloquent. La GPA, le commerce de l'enfant n'est pas une vue de l'esprit.

"Il n’existe aucun principe fondamental reconnu par les lois de la République d’origine sexuée de la filiation », ni aucun autre principe constitutionnel garantissant à l’enfant une « filiation bilinéaire et bisexuée » ou l’établissement d’une filiation à l’égard de ses père et mère « biologiques »." (page 10)

Ce qui signifie que la Constitution française méconnait la réalité de la filiation père/mère !

Et un peu plus loin :"il n’existe aucun principe exigeant que les parents sociaux soient les « parents biologiques »". Cela n'est ni plus, ni moins, une déclinaison des principes du gender. L'exception à la règle, qui existe pour l'adoption du fait de a deviendrait la règle.

Ce document de haut niveau juridique introduit une nouveauté en terme de dénaturation des mots à la page 19 "d’une assistance médicale à la procréation ou d’une convention de maternité pour autrui". La GPA, la "mère porteuse", devient une "convention de maternité pour autrui", soit en d'autres termes un simple contrat -commercial- visant à permettre la maternité pour autrui. Les termes sont particulièrement pudiques et visent à neutraliser l'impact négatif sur l'opinion actuelle de la GPA... Il en est de même pour l'avortement (IVG ou "pro-choix") ou l'euthanasie (droit à mourir dans la dignité). La duplicité est d'abord lexicale.

Les mères porteuses sont des mères vendeuses, car toutes les mères sont porteuses (JM Le Méné).

Le mariage dit pour tous était bien un cheval de Troie.

Le Conseil de l'Europe doit se positionner le 15 mars sur ce sujet.

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Jérémie 13/08/2013 16:27

Mon très cher Marc,
Tu cites là des documents de défense juridique. L'objectif est de prouver que ces projets sont non contraire à la constitution, il n'ont pas but de décrire l'objectif ou de fournir un sens à ces réformes. Donc, on y écrit des arguments qui ont un but défini et, je reconnais que cela peut être choquant.
Je donnerais l'exemple d'un bon camarade qui a grillé un feu rouge en vélo. Il se fait arrêter par la maréchaussée et se prend une petite contravention. Toutefois, sur son PV, le lieu mentionné est faux. A l'endroit indiqué par le PV, il n'y a pas de feu. Donc il conteste. Dans les faits, son argumentaire est très orienté... un peu comme pour le cas dont tu parles...
Bonne soirée

Oleg 23/08/2013 08:43

Cher Jérémie,

Merci de votre réponse, que j'entends mais ne saurais accepter : la loi Taubira, qui vient d'être votée, si elle masque effectivement les problèmes cruciaux de notre société, présente le désavantage d'en créer de bien plus grands : indistinction des sexes dans le mariage, enfants délibérément privés de l'altérité sexuelle parentale, personnes qui, par la PMA à venir seront amputés de leur origine, femmes, qui, par la GPA subséquente, prostitueront leur matrice. Oui, la crise actuelle est grande, mais la loi Taubira ne fera que l'amplifier, générant des citoyens sans repères.
Bien à vous,

Oleg.

Jérémie 22/08/2013 11:56

Cher Oleg,
Je vais répondre mais ce ne sera que mon avis non étayé dans les faits (pas le temps de creuser):
- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi le parti majoritaire à l'assemblée a-t-il alors reçu une consigne de vote obligatoire ?
C'est bien là le problème de notre démocratie, le jeu ne consiste plus à voter comme on le devrait, c'est à dire selon nos opinions mais à voter en fonction du jeu des partis. Idem à droite, ceux qui sont pour ont du mal à voter pour car, il faut absolument voter contre son adversaire... Bref, je milite pour une refonte de notre pseudo démocratie...

- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi fut-elle votée, nuitamment, au Sénat, devant une poignée d'élus seulement ?
Souvent les lois qui impose un débat assez long sont voté de nuit mais, entre nous, la programmation des assemblées ne doivent pas être pris comme argument car, bien que votée de nuit, les parlementaires y sont habitués. C'est pas comme si on votait sans que l'ordre du jour soit établi...

- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi lui a-t-on refusé la possibilité du référendum, réclamée par certains pourtant ?
Le référendum a trois points noirs:
-un débat inaudible: regardons le dernier sur l'europe et, au final, on a pas eu le loisir d'entendre les partisans du non (dont je fais partie) mais on a droit à la pensée qui doit gagner (donc, votre combat n'aurait pas été plus audible malheureusement).
-le non engagement des éléecteurs: en général, ne vont voter que ceux qui ont un vrai avis. Tous les autres (qui s'en foutent car loin de leur préoccupation) ne vont pas voter. On a donc pas de représentation du peuple mais une vision des gens engagés. Le même biais est vrai pour nos assemblées où l'on vote devant des parterres d'élus vides. Perso, j'obligerai les élus d'être à toutes les réunions plénières et à toutes les réunions des commissions auxquelles ils sont inscrits.
-troisièmement, le dernier référendum en France n'a pas été suivi par notre très cher Sarkozy qui a choisi de passer outre et signer les accords de Lisbonne. Donc, ou est la démocratie dans ce cas.

- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi a-t-on, en fin de parcours, accéléré le calendrier législatif, refusant les habituels et indispensables allers-retours entre Assemblée et Sénat, pour indispensables retouches ?
C'est souvent le cas dans les lois les plus complexes. Je trouve l'accélération justifiée afin d'éviter de passer trop de temps sur le texte dans les assemblées qui ont d'autres choses à faire. D'ailleurs, à mon avis, en période de crise, on pourrait s'éviter ces débats (ou d'autres débats à la con style l'identité nationale). L'urgence n'est pas à ces lois mais à la sortie de crise. On a beaucoup de chomeurs, de sdf, les gens crèvent de fin et on passe un temps fou sur un truc pas urgent du tout. On pourrait mener ce débat dans quelques années, ca ne poserait aucun soucis!

Bonne journée

Oleg 18/08/2013 08:19

Jérémie,
C'est un plaisir de discuter avec vous sur ce forum et je ne peux que louer vos sérénité et honnêteté en ce débat si complexe. Voilà qui change des répliques étroites qui taxent tout opposant à la loi Taubira d'homophobe-intégriste-archaïque-ringard-raciste-hétérofasciste. Après, il se trouve que je ne partage pas vos vues sur l'éventuelle adhésion populaire à la dite loi. Quelques faits, législatifs, me permettent de dire que celle-ci est bien loin d'être partagée de tous :
- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi le parti majoritaire à l'assemblée a-t-il alors reçu une consigne de vote obligatoire ?
- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi fut-elle votée, nuitamment, au Sénat, devant une poignée d'élus seulement ?
- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi lui a-t-on refusé la possibilité du référendum, réclamée par certains pourtant ?
- Si la loi Taubira faisait l'unanimité, pourquoi a-t-on, en fin de parcours, accéléré le calendrier législatif, refusant les habituels et indispensables allers-retours entre Assemblée et Sénat, pour indispensables retouches ?
Ces entorses à la tradition républicaine, si nombreuses, me font dire que la procédure législative, si elle fut respectée dans sa lettre, ne le fut pas dans son esprit. D'où il suit que ce mariage pour tous ne fut une démocratie pour personne, signe d'une République confisquée par quelques-uns. La question est alors de savoir si notre Etat se relèvera de ces trahisons et de ces mépris. La réponse viendra sous peu, dans la rue, dans les urnes.
Bien à vous,

Oleg.

Jérémie 16/08/2013 15:59

Cher Oleg,
Vous dites dans votre réponse: "d'imposer des vues, d'asseoir l'autorité d'une minorité". Cette phrase me surprends car elle me semble fausse. Sur la première partie (imposer des vues), c'est le concept de notre république. Les élus décident... On pourrait éventuellement passer par référendum. Et là, j'en viens à la seconde partie: il n'est pas sur que le mariage pour tous soit soutenu par une minorité. Ceux qui défilent (et de tout temps) sont en général la minorité.. Mais une minorité qui se fait entendre. Si l'opinion publique était consulté, on aurait deux surprise:
-beaucoup plus de partisans contre que pour (par rapport à ce qu'on pourrait s'attendre car, selon moi, le oui l'emporterait largement)
-la victoire du oui pour cette loi...
Si la question concerne la GPA/PMA, le résultat serait très incertain. Mais soyons sur d'une chose, on aurait un taux d'abstention record car la majorité des gens s'en foute de ce débat. Moi, je suis intéressé plus pour comprendre le choix de lutter contre que par un quelconque partisanisme...

oleg 15/08/2013 08:18

Cher Jérémie,
Il me semble que votre conception de la loi est juste dans son esprit, mais malheureusement démentie par les faits. Depuis l'année 2013 en effet, nous savons que celle-ci n'est plus en France un moyen de réguler des situations, mais bien la possibilité d'imposer des vues, d'asseoir l'autorité d'une minorité. J'en veux pour preuve ce que disait il y a peu Jean-Pierre Michel, rapporteur du projet Taubira au sénat, et que je cite verbatim : "ce qui est juste est ce que dit la loi", "la loi est l'expression d'un rapport de forces". Les documents juridiques mentionnés par l'excellent M. de Fubi ne sont pas de simples documents écrits par quelque greffier scrupuleux mais bien prolégomènes de nouveaux changements à venir. A moins que nous ne décidions, nous autres citoyens électeurs, d'y mettre notre grain de sel...
Bien à vous.

Marc-Yvan Teyssier 13/05/2013 16:33

Merci pour tout ce travail en amont qui nous sert d'alerte et oriente efficacement notre attention .
En ce moment c'est le calme avant la tempête ... !

Oleg 13/05/2013 18:06

Parfaitement, soyons la tempête, pour qu'ils ne soient jamais calmes !